"Directeur mis en examen, élus muselés" : un conseil d'administration de "très haut niveau" pour la Nouvelle CIPAV
- Le mardi, 20 janvier 2026
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Bienvenue dans le monde merveilleux de la CIPAV, où le renouveau ressemble à s’y méprendre à un vieux disque rayé qui saute au même endroit depuis des décennies. Le séminaire et le premier conseil d’administration de la mandature "2025" se tiennent ces 20 et 21 janvier 2026. Si vous pensiez que le vent du changement allait souffler sur la principale caisse de retraite des libéraux, vous avez probablement oublié de lire les petites lignes du contrat — ou de signer votre "accord de déontologie".
Un Directeur en examen : Le cumul des mandats au service de l'opacité
Au centre de la table, tel un phare bravant une tempête judiciaire qui ferait couler n'importe quel autre navire, trône l'inénarrable François Clouet. Véritable prodige de l'emploi du temps, il réussit l'exploit de cumuler deux postes de directeur à plein temps : celui de la DRASSIF (Direction Régionale de l’Action Sanitaire et Sociale d’Île-de-France) et celui de la CIPAV. Un don d'ubiquité aussi contestable sur le plan éthique que lucratif sur le plan financier. Comment peut-on diriger deux institutions aussi lourdes avec la vigilance requise ? La question reste en suspens.
Rappelons, pour la beauté du geste, que le Directeur général de la CIPAV ne se contente pas de cumuler les fonctions : il est actuellement mis en examen pour prise illégale d'intérêt. Dans n'importe quelle structure normalement constituée, une telle situation jetterait un froid polaire et conduirait à une mise en retrait immédiate, ne serait-ce que par respect pour les institutions.
Mais à la CIPAV, on cultive un sens très particulier de la continuité. Pourquoi changer une direction qui gagne... l'attention soutenue des magistrats ? C’est sans doute cela, l’excellence du "très haut niveau" prônée par la caisse : une direction qui navigue entre les procédures pénales avec l'aisance d'un skipper de l'extrême. Pendant que le capitaine évite les récifs judiciaires, les adhérents, eux, continuent de ramer dans le brouillard pour comprendre comment sont réellement gérées leurs cotisations de retraite obligatoire.
Des élections sous haute surveillance (et sous silence)
Parlons-en, de ces élections. Si elles étaient un film, elles seraient classées dans la catégorie "Comédie de Science-Fiction". Comme le souligne avec ironie le site cipav2025, le processus est non seulement contesté, mais largement contestable. Une requête en annulation a d'ailleurs été déposée le 9 janvier 2026. D’ici quelques semaines, le scrutin de 2025 pourrait bien être annulé, rejoignant ainsi les fiascos de 2020 et 2024, balayés grâce à l'action bienveillante et militante de CIPAV INFO.
Le coup de génie de la direction ? L'accord de déontologie. Pour avoir le droit de siéger, les candidats ont dû signer un document qui, sous couvert d'éthique, ressemble fort à une muselière de luxe. Interdiction formelle de critiquer les dérives de la direction ou la gestion désordonnée de la caisse. C’est un concept révolutionnaire de "démocratie populaire" : vous pouvez voter pour qui vous voulez, tant qu'ils promettent de ne rien dire sur ce qui ne va pas.
Note aux adhérents : Si vous trouvez que le débat est calme au conseil d'administration, c'est normal. C'est le silence feutré de ceux qui ont signé pour ne pas faire de vagues.
Note aux administrateurs : Il faut que vous compreniez qu'il est impossible que la CIPAV puisse avoir un avenir tant que les dérives contastées sont encore d'actualité et que les régles élémentaires de la démocratie ne sont pas respecté.
Les "nouveaux" visages : l'art du recyclage intensif
Le changement, c'est maintenant ? Pas tout à fait. En observant la liste des élus, on a l’impression de feuilleter un album de famille dont on n'arrive pas à se débarrasser. Les "anciens hauts responsables" sont de retour, prêts à appliquer les mêmes recettes malgré leurs échecs passés notamment pour dénoncer les infractions qui ont valu à l'actuel directeur et l'ancienne présidente du conseil d'administration des mises en examen pour prise illégale d'intérêt et corruption passive, la perquisition du siège social de la CIPAV.
Nom de l'administrateur Élu et nb de voix 2026 Détails du parcours et fonctions passées
Catherine Buat OUI avec 235 voix Présidente sortante. Élue en 2020 puis réélue en mai 2024 (scrutin annulé) et décembre 2025.
Philippe Capelier (sup) OUI avec 356 voix Ancien Vice-président. Élu au moins depuis 2020 et réélu lors des scrutins de 2024 et 2025.
Valérie Bollaert OUI avec 377 voix Élue dès l'élection de décembre 2017 (mandat 2018). Réélue systématiquement en 2024 et 2025.
Katia Lalevée OUI avec 254 voix Ancienne trésorière. Élue en 2020 (collège 2) et réélue en 2024 et 2025.
Noël Brunet OUI avec 493 voix Ancien Trésorier adjoint. Élu lors du scrutin de mai 2024 et réélu en décembre 2025.
Denis Crabières OUI avec 1353 voix Ancien Secrétaire. Élu en décembre 2017 (mandat 2018), puis réélu en 2024 et 2025.
Marie-Françoise Duhem OUI avec 1088 voix Ancienne Secrétaire adjointe. Élue au moins depuis 2020 (collège 3 à l'époque) et réélue en 2025.
Nadège Pinaud-Revel OUI avec 1201 voix Élue lors du scrutin de mai 2024 (liste Cipav Renouveau) et réélue en décembre 2025.
Anna Malysa OUI avec 261 voix Élue lors du scrutin de mai 2024 (collège 2) et réélue en décembre 2025.
Henri Lacroix OUI avec 677 voix Administrateur déjà en poste lors de la mandature 2021-2024 et réélu en décembre 2025.
Pierre Petropavlovsky OUI avec 370 voix Administrateur 2021-2024 et 2024
Mélanie Dubosc OUI avec 1249 voix Administratrice élue lors du scrutin de 2020
Le nombre des voix obtenues par les anciens nouveaux administrateurs met en lumière l'abstention massive et le manque de représentativité critique lors des élections de la Cipav.
Voici les points clés à retenir :
Une participation historiquement basse : Le taux global s'effondre à 2,3 %, avec seulement 12 085 votants sur plus de 530 000 inscrits.
Des élus aux scores dérisoires : La faiblesse du vote est telle que la quasi-totalité des candidats a été élue avec moins de 1 % des voix de leur corps électoral.
Des disparités par collèges :
Collège 1 & 2 : Les candidats recueillent des scores extrêmement faibles (moins de 500 voix dans le premier, moins de 320 dans le second). La présidente sortante, Catherine Buat, n'a réuni que 235 suffrages.
Collège 3 & 4 : Malgré un nombre d'inscrits plus important (plus de 216 000 pour le collège 3), aucun élu n'atteint le seuil symbolique de 1 % des inscrits, avec des scores plafonnant parfois à 0,37 %.
Mais n'ayez crainte adhérents de la CIPAV tous les administrateurs élus vont mettre du cœur à l'ouvrage pour mettre en place un conseil d'administration le temps que la justice se prononce sur l'annulation des élections malgré l'évidence des chiffres cités et une situation contre nature.
Analyse de la continuité
Le nouveau conseil d'administration installé début 2026 présente une très forte continuité politique. La quasi-totalité des membres du Bureau " élus en juin 2024 (avant l'annulation du scrutin par la justice) ont été reconduits par les électeurs lors du vote de décembre 2025.
Heuereusement il y a quelques nouveaux admministrateurs mais pas assez pour tirer un trait sur le passé.
En bref, le bureau est une sorte de "Best Of" de 2024. On prend les mêmes, on mélange un peu les titres, et on repart pour un tour de manège. C’est ce qu’on appelle la stabilité, ou l’art de l’entre-soi, selon que l’on soit du côté de la direction ou des syndicats qui ont sponsorisé les élections.
Cipav Info : Le poil à gratter indispensable
Pendant que ce beau monde s'installe dans ses fauteuils en cuir, le site Cipav Info continue de lister les infractions et les dérives. Entre les dysfonctionnements informatiques chroniques, les calculs de points mystérieux et une gestion des réclamations qui tient parfois de la quête du Graal, le tableau est idyllique.
Mais ne vous inquiétez pas : avec une direction mise en examen et des administrateurs liés par un pacte de silence "déontologique", c'est promis tout va aller pour le mieux dans le meilleur des mondes libéraux.
En résumé : Le nouveau conseil d'administration a confirmé que la CIPAV reste fidèle à elle-même. Un mélange de surréalisme administratif, de verrouillage politique et de recyclage d'élus pour une gestion désordonnée sans égale dans le monde des caisses de retraite.
Cotisants actifs ou inactifs, souriez et soyez rassurés car comme le dit si bien le slogan "CIPAV : l'avenir en toute confiance".
Les préconisations de CIPAV INFO
Le constat est sans appel : la CIPAV entame cette nouvelle mandature avec un Conseil d'Administration tristement identique aux précédents. Pour CIPAV INFO, cette situation est le fruit d'un système verrouillé où chaque candidat a dû signer une charte de "déontologie" liberticide. En s'engageant à ne pas "porter préjudice" à la caisse (et donc à sa direction), les administrateurs ont renoncé par avance à l'indépendance nécessaire pour exercer leur rôle de garde-fou ou pour effectuer une analyse crédible de la situation.
À cela s'ajoute une exclusion numérique flagrante et une abstention record qui privent ce conseil de toute assise démocratique réelle.
Face à cette mascarade, les préconisations de CIPAV INFO sont claires :
- Une direction à temps plein et irréprochable : Il est devenu indécent que le CA tolère un directeur cumulant deux postes de haute responsabilité (CIPAV et DRASSIF). La caisse exige une direction totalement disponible, dévouée exclusivement à sa mission et habitée par un sens aigu de l’intérêt commun.
- La fin de l'omerta : Le nouveau CA ne peut plus entreprendre des procédures baillon, ignorer les dérives dénoncées depuis des mois. Il doit s'affranchir de sa "muselière" contractuelle pour exiger des comptes sur la gestion actuelle et la situation judiciaire du Directeur général.
- L'appel à la tutelle : Au moment d'entériner la nomination d'une direction, le ministère de tutelle ne doit plus fermer les yeux. CIPAV INFO demande instamment aux autorités de prendre en compte les alertes des collectifs et les interpellations des députés pour exercer enfin un contrôle strict et restaurer la mission de service public de la caisse.
Conclusion : CIPAV 2026 — L’avenir en toute confiance... ou la continuité en toute impunité ?
L'avenir de nos retraites ne peut plus être l'otage d'un entre-soi politique et judiciaire. Si le ministère de tutelle et les administrateurs ne prennent pas leurs responsabilités, la justice — déjà saisie par une requête en annulation et diverses procédures — se chargera une nouvelle fois de rappeler que la légitimité ne s'achète pas avec une charte de silence.
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